Moyens de Communication, Navigation et Surveillance dans la FIR Tahiti


La surveillance du trafic 

 
Le contrôle aérien est assuré depuis Tahiti Faa’a, par les contrôleurs via le système intégré TIARE (Traitement des Informations ATM et Radar pour l'Exploitation). Cet outil permet la présentation, la transmission et la visualisation des vols par le radar ou des positions de l’avion données par les satellites (ADS) ou des informations issues des plans de vols.
 
Un radar mis en service depuis août 2009 permet de visualiser l’ensemble des aéronefs volant dans un rayon d’environ 250 Nm autour de Tahiti Faa’a, la position des aéronefs est rafraîchie toutes les 4 secondes.
 
En dehors de ce secteur de couverture radar, les contrôleurs du centre de contrôle de Tahiti Faa’a travaillent soit aux procédures soit avec l’ADS (Automatic Dependent Surveillance).
 
Dans le cas des procédures, la position d’un avion est calculée grâce au plan de vol déposé par le pilote. Ce plan de vol est mis à jour pendant toute la durée du vol par des messages de report de position, messages radio transmis par le pilote en VHF* ou en HF**.
 
Dans le cas de l’ADS, les reports se font automatiquement par liaison satellite directement du cockpit de l’avion vers la position du contrôleur.
 
Ces messages comportent l'altitude de l'avion et sa position par rapport à sa route prévue. Ils permettent de connaître une position actualisée à chaque message. Les contrôleurs calculent ainsi les positions relatives des avions et les séparent en appliquant des normes dites « non-radar », c’est à dire en appliquant entre deux avions des séparations longitudinales en temps (ex : 10 minutes) ou latérales en distance (ex : 50 NM).

Les communications : la VHF, la HF, VSAT et CPDLC

 
Les liaisons VHF* sont utilisées pour les communications entre pilotes et contrôleurs aériens. Elles offrent un confort d’utilisation très satisfaisant, leur principal inconvénient étant leur portée limitée (200 à 250 miles nautiques soit 370 à 450 km). Le relief des îles du Vent oblige la présence de quatre antennes à Tahiti ainsi que des antennes avancées à Raiatea aux Iles sous le vent, à Rangiroa aux Tuamotu et à Atuona aux Marquises, pour couvrir le trafic des îles les plus desservies.
 
Au-delà de la portée des moyens VHF*, les liaisons air-sol passent par la HF** qui permettent de couvrir des grandes distances. En revanche, les liaisons HF** sont très dépendantes des conditions météorologiques, posant des problèmes de fiabilité, de performance et de saturation.
 
Devant la qualité médiocre des liaisons HF**, les services techniques de l’aviation civile cherchent à étendre la couverture VHF* par l’utilisation de la technologie VSAT***. Avec cette technologie, la parole du contrôleur ou celle du pilote est acheminée par liaison satellite, ce qui permettrait de couvrir à terme l’ensemble des aérodromes de Polynésie française.
 
Pour les vols internationaux, les échanges se font par CPDLC****, c'est-à-dire que les systèmes à bord des avions et du contrôle communiquent directement par liaisons satellites.
 
* Very high frequency (bande de fréquences comprises entre 30 et 300 MHz).
** High frequency (bande de fréquences comprises entre 3 à 30 MHz).
*** Very small aperture terminal (antenne satellite de petit diamètre).
****CPDLC (Controller Pilot Data Link Communication)

Les moyens de Navigation

L’ensemble des aides de radionavigation dans la FIR Tahiti constitue la base historique de la navigation IFR au sein des différents archipels de la Polynésie Française. Ainsi, les moyens conventionnels tels que les NDB, VOR/DME et ILS ont permis de définir les premières routes et procédures d’approche capables de rallier les différents terrains.
 
Les VOR (radiophare omnidirectionel VHF*) : TAF – Tahiti Faa’a, HHN - Huahine, RAN Rangiroa, couplés à des DME (dispositif de mesure de distance) ainsi que les NDB (radiobalises) sont des aides à la navigation en-route.
 
Ces moyens permettent également la réalisation des procédures d’approche aux instruments autorisant les pilotes à conduire une approche au-dessous des conditions météo d’approche à vue, jusqu’à un certain seuil des minimas opérationnels. C’est le cas aussi de l’ILS de Tahiti Faa’a qui peut guider l’avion pratiquement presque jusqu’au seuil de piste.
 
L’arrivée du système de positionnement par satellite GPS (Global Positionning System) a révolutionné la navigation en route, à l’arrivée et aussi à l’approche.
 
Ainsi, dès 1998, des procédures d’arrivée GPS sur les atolls de Polynésie ont été autorisées par la DGAC. A ce jour, trente aérodromes situés sur des atolls disposent de telles procédures. Depuis juillet 2012, sont mises en exploitation les premières procédures d’approche aux instruments non plus basées sur les informations d’une balise implantée au sol mais dites satellitaires car basées sur les informations fournies par les satellites (Iles sous le vent et Hao).
 
Aujourd’hui, de nouvelles spécifications de navigation ont été définies à l’échelle internationale pour améliorer la performance, tout d’abord grâce à la  RNAV (navigation de surface) puis plus récemment la RNP (navigation basée sur la performance). Elles sont basées sur l’utilisation de nouvelles technologies de navigation par satellite (GNSS) et de systèmes embarqués.
Les liaisons VH entre pilotes et contrôleurs aériens
 
Pour permettre l’application de ces nouveaux concepts basés sur les performances de navigation (PBN), le SEAC/PF déroule un plan « PBN Polynésie Française » pour l’adapter aux contraintes liées aux spécificités géographiques locales :
 
*      Déploiement d’antennes VHF*  via satellite (VSAT) pour accroître la couverture VHF*  (Tuamotu, Marquises et bientôt Australes et Gambier)
*      Publication d’un réseau de routes RNAV aux Iles sous le Vent
*      Mise en place progressive de procédures d’approche RNAV sur les terrains (Iles sous le Vent, Tahiti, Marquises…)
*      Projet d’implantations d’antennes ADS-B pour étendre la zone de couverture de surveillance de la FIR par satellite
*      Amélioration continue des procédures Data Link (utilisation des liaisons satellites pour la transmission des données) avec les appareils en vol transpacifique.
 
La mise en œuvre de l’ensemble de ces moyens et leur évolution planifiée est la garantie pour les usagers d’un service moderne, sûr et efficace.